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Virose west nile

Virose West Nile

L'infection à virus West Nile (du Nil occidental), maladie émergente, pose un problème de santé publique majeur en Amérique du Nord et constitue désormais une menace inquiétante en Europe et sans doute dans d'autres continents.

Historique

Le virus a été isolé pour la première fois chez l'homme en 1938 en Ouganda dans la province du Nil occidental. Des cas sporadiques ont été identifiés dans de nombreux pays du monde.
Des épidémies ont éclaté en Afrique du Sud, en Asie, en Israël (1957), en France (1963, Camargue, 19 cas) en Roumanie (1996), en République tchèque (1997), en Russie (1999). En 2004, cas rapportés au Portugal, en Espagne, en France. A ce jour, aucune épidémie ne s'est transformée en endémie installée.
C'est donc la première fois que l'on assiste, en Amérique du Nord, à l'implantation permanente de la virose, depuis l'épidémie de 1999 (New York). Etats-Unis : 62 cas en 1999 ; en 2003 : 9.862 cas, 264 décès. Accalmie depuis, mais persistance de l'enémie.

Epidémiologie

  • Arbovirose (ARthropod BOrne), liée à un Flavivirus.
  • Le vecteur est essentiellement le Culex, le plus banal des moustiques, et qui est ornithophile.
  • Réservoir naturel : les oiseaux (surtout les Corvidae) ; mais aussi les moustiques, qui, une fois infectés le demeurent.
  • Hôtes accidentels : mammifères, essentiellement les équidés et les hommes.
  • L'homme peut également s'infecter par transfusion, greffe ou transplantation.

Clinique

  • Incubation : 3 à 14 jours.
  • Infection asymptomatique : 80% des cas.
  • Ailleurs, syndrome pseudo-grippal, de début brutal, avec souvent rash cutané (50%), polyadénopathies.

Dans 1 cas sur 150, expression neurologique : encéphalite surtout, méningite, méningoencéphalite ; mais aussi ataxie, syndromes extrapyramidaux, paralysies de nerfs crâniens, myélite, névrite optique, polyradiculonévrite, paralysie aiguë flasque. Dans ces formes, létalité de 7 à 9%.
L'âge est un important facteur de risque de décès.

Diagnostic

Doit être désormais évoqué devant tout syndrome neurologique fébrile non expliqué, en particulier chez les voyageurs revenant de zones d'endémie, d'épidémie ou d'endémicité (carte ci-dessus).

  • Hémogramme : le plus souvent normal ; parfois, lymphopénie et/ou anémie discrètes.
  • Ponction lombaire : liquide clair, légère hyperprotéinorachie et minime cellularité ; glycorachie normale.

En première intention, détection des IgM (sang, LCR) en ELISA. NB les IgM peuvent persister jusqu'à un an ; faux positifs possibles chez les sujets récemment vaccinés contre, ou infectés par la fièvre jaune, l'encéphalite japonaise, la dengue. En cas de positivité, confirmation par la neutralisation, test de référence.
Dans les cas douteux, possibilité de PCR.
Conditions et modalités : www.pasteur.fr/externe, rubrique "santé", sous-rubrique "CNR" (Lyon : 04 37 28 24 21).

Traitement

Purement symptomatique. Ribavirine et interféron alfa-2b efficaces in vitro ; pas d'étude clinique.

Prévention pour le voyageur

  • Se tenir au courant de l'épidémiologie du moment : www.cdc.gov (USA), www.hc-sc.gc.ca (Canada), www.ssa.gob.mx (Mexique) pour l'Amérique du Nord ; www.who.int/en, et bien entendu www.sante-voyages.com qui signale en temps quasi réel les évènements menaçant la santé des voyageurs internationaux.
  • Eviter les zones humides à forte concentration humaine.
  • Vêtements recouvrant le maximum de surface corporelle, répulsifs cutanés à forte concentration de DEET (50%), imprégnation des vêtements, moustiquaires imprégnées.

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