Fiches Maladies

Tétanos

Cas de tétanos rapportés dans le monde (1990-2004), classement par prévalence la plus forte (en rouge foncé) à la plus faible (en jaune clair), aucune donnée (en gris), Source Wikidoc.

Maladie liée à l'exotoxine neurotrope de Clostridium tetani, bacille à Gram positif anaérobie dont les spores résistent à la chaleur et à la désinfection chimique.

On admet que sa létalité est comprise entre 20 et 50%, selon la qualité des soins de réanimation.

épidémiologie, notions générales

C. tetani est présent partout où il y a de la terre, des hommes ou des animaux. Dans ces zones, qui constituent la quasi totalité du globe terrestre, hormis peut-être les pôles, toute solution de continuité de l'enveloppe corporelle est susceptible de laisser s'introduire le germe.

C'est donc une maladie infectieuse non éradiquable dont la prévention n'est qu'individuelle.

Le tétanos est d'autant plus fréquent que :

  • la couverture vaccinale est plus faible,
  • les soins médicaux post-exposition (sérum ou immunoglobulines, soins locaux) sont peu disponibles ou de sécurité incertaine.

Le tétanos est donc très fréquent dans les pays les moins développés ; l'incidence y varie de 10 à 50 p. 100.000 et par an, ce qui en fait l'une des grandes maladies infectieuses de la planète.

Dans les pays industrialis?s, la vaccination t?tanique est syst?matiquement recommand?e ou obligatoire, avec rappels d?cennaux toute la vie : l'incidence du t?tanos y est faible (moins de 50 cas par an en France, dont une bonne partie de migrants...) mais encore beaucoup trop importante.

Risques pour les voyageurs non vaccinés

Bien qu'il n'existe aucune donnée chiffrée, on peut raisonnablement admettre que le risque d'inoculation est aggravé pour un sujet se déplaçant en zone tropicale : risque de blessure augmenté, séjours ruraux pour des sujets souvent citadins, contamination fécale animale et humaine de l'environnement...

En France, dans les pays industrialisés, le sujet blessé non vacciné peut être pris en charge efficacement par le système de santé (soins locaux, immunoglobulines).

Dans un pays en développement, ce "filet de sécurité" n'existe plus : souvent le voyageur blessé ne trouvera au mieux qu'un vieux sérum de cheval périmé, dans un réfrigérateur en panne, qui lui sera injecté avec un matériel non stérile...

Vaccination du voyageur

Une réelle progression de la couverture vaccinale tétanique a été constatée chez les voyageurs tropicaux français, pour atteindre actuellement 90% (70% en 1993).

Après la primovaccination de l'enfant et de l'adolescent, rappels décennaux à partir de 18 ans chez l'adulte. En cas d'oubli des rappels, on admet qu'il faut faire une injection par décennie oubliée.

La maladie n'entraîne pas de protection contre une autre réinfection alors que la vaccination entraîne une protection efficace de longue durée.

Les rappels

  • Vacciner contre le seul tétanos peut être considédé aujourd'hui comme une perte de chance pour le patient. En effet, pendant 10 ans, un tel patient ne pourra recevoir la valence tétanique sans encourir le risque d'une sur-immunisation. Ce qui signifie en pratique qu'il ne pourra recevoir les vaccins contre la diphtérie, la poliomyé, la coqueluche, qui cotiennent tous en association la valence tétanique.
  • Le rappel vaccinal anti-tétanique, aujourd'hui, doit ê tre combiné (dTCaP) diphtérie, tétanos, poliomyélite et coqueluche : Repevax®, Boostrix®tetra

Tous droits réservés pour tous pays.