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Staphyloccies cutanées et voyages

Furoncle

Les infections cutanées à staphylocoques sont considérées comme plus fréquentes et volontiers plus graves chez les voyageurs exotiques. Mais voyager dans certains pays, pas obligatoirement tropicaux -les Etats-Unis par exemple- expose à un risque croissant et de plus en plus grave : les staphylocoques dorés sécréteurs de toxine Panton-Valentine !

Caractéristiques des staphylocoques LPV+

En 1932, Panton et Valentine isolent un staphylocoque doré particulièrement virulent. Il faudra attendre 1984 pour comprendre pourquoi : Van de Velde découvre que ces staphylocoques, rarissimes à l'époque, sécrète une toxine -la leucocidine- qui a le pouvoir de détruire les leucocytes.

On sait aujourd'hui que les "furonculoses familiales" sont liées aux LPV+, profitant habituellement de défauts d'hygiène. De même les épidémies constatées dans des collectivités fermées, le plus souvent chez des sujets jeunes, immunodéprimés ou non, diabétiques ou pas : homosexuels, clubs de sports, de vacances, milieu carcéral...

Leur tropisme cutané et sous-cutané est marqué et volontiers expansif : furoncles, hypodermites, fasciites nécrosantes et même parfois ostéites.

En dehors des lésions cutanées, peuvent survenir :

  • ostéomyélites : pour les pédiatres américains, LPV+ est devenu une cause majeure d'ostéomyélite grave de l'enfant
  • pneumonies nécrosantes, toujours gravissimes (létalité 75%).

Les souches VPL+ représentent à peu près la moitié des souches communautaires de staphylocoques résistants à la meticilline, alors même que le nombre d'hospitalisations dues aux staphylocoques SARM a doublé entre 1999 et 2005.

Une fois installés dans une région, les LPV+ sont responsables d'infections nosocomiales.

Répartition géographique, voyages

L'incidence des infections et du portage de staphylocoques de haute transmissibilité a fortement augmenté dans plusieurs régions du monde.

  • Etats-Unis. Désormais considéré comme un problème majeur de santé publique ; les hospitalisations pour staphylococcies ont doublé entre 2000 et 2005. De redoutables épidémies sont actuellement en cours, dans des communautés homosexuelles en particulier.
  • Pays-Bas. Déjà en 2003 on constatait que 8% des staphylocoques méti-R isolés en hôpital étaient sécréteurs de LPV.
  • Une étude anglaise récente (2007) recense les cas importés par des voyageurs : ils avaient été en Afrique sub-saharienne, Tunisie, Zambie, Soudan, Jamaïque, Fidji, Majorque.
  • Deux cas ont été importés en France chez des touristes partis aux Antilles pour un séjour de plongée, en 2007.
  • Aucune étude n'a été menée à ce jour dans les zones tropicales et, d'une manière générale, dans les pays en développement ; les cas importés laissent imaginer une prévalence forte. De plus il est possible que cette maladie n'ait été détectée que dans les pays qui en ont les moyens techniques...

La France n'ayant enregistré à ce jour que cinq cas, la staphylococcie LPV+ est pour les Français une maladie des voyages. Et ce sont par des voyageurs contaminés que viendra la colonisation de ce pays.

Prévention individuelle communautaire

Bien que les staphylocoques contaminent les animaux à sang chaud, les surfaces, l'air et l'eau, le principal réservoir est l'homme. Le principal site de colonisation de S. aureus est la muqueuse nasale : 30% des adultes ont un portage permanent, 50% intermittent. Le staphylocoque est un commensal de la peau, particulièrement présent sur les zones cutanées humides : aisselles, périnée, plis inguinaux. La transmission s'opère par contact cutané, manuportée le plus souvent.

En voyage :

  • Se renseigner avant de partir sur les épidémies en cours ; même en l'absence de signalement, éviter les communautés fermées, les sites à excès de promiscuité sexuelle, sportive, d'hébergement...
  • ne pas partager gants de toilette, serviettes, rasoirs...
  • la recherche de S. aureus dans les fosses nasales n'a pas sa place aujourd'hui dans la prévention communautaire
  • lavage des mains fréquents, au savon ou aux solutés hydro-alcooliques
  • consulter devant toute lésion cutanée au retour, en évitant tout contact cutané avec l'entourage.

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