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Maladie de Lyme

MALADIE DE LYME

Maladie de lyme

La maladie de Lyme n'est pas une maladie nouvelle mais une maladie récemment identifiée. Décrite par un médecin suédois (Afzelius, 1910), puis par deux médecins français (1922), elle est redécouverte en 1975-6 à l'occasion d'une épidémie de 51 cas d'arthrites survenue à Lyme (Connecticut). Willy Burgdorfer isole une spirochète de l'instestin de tiques Ixodes (1981). La maladie porte le nom de « Lyme » depuis 1992. On comprend que cette maladie présente encore des zones d'ombre.

Hormis pour les résidents ruraux des régions concernées, il s'agit d'une maladie des voyages. Elle est de plus en plus fréquente dans des territoires de plus en plus vastes (réchauffement climatique ?), quoique sous-diagnostiquée, et constitue parfois un grand problème de santé publique (Etats-Unis par exemple).

Agents infectieux, vecteurs

Borrelia burgdorferi, spirochète, est inoculé dans le sang à partir de la salive de la tique Ixodes.
Ixos, « glu », se fixant de manière tenace) dont il existe 3 principales espèces : I. dammini (est des USA) et I. pacificus (ouest), et I. ricinus en Europe. La tique adulte, mais également sa larve et sa nymphe, recherchent pour leur repas sanguin, un hôte vertébré : essentiellement les rongeurs et les cervidés, accessoirement l'homme. L'activité des tiques est principalement estivo-automnale.
On estime qu'il faut 12-24h d’incrustation de la tique infectée pour que le spirochète soit transmis : l'inspection cutanée quotidienne est donc pertinente.
La maladie est présente dans toute l'Europe (hors Scandinavie nord), Afrique du Nord, Etats-Unis (nord-est, mid-Atlantic, nord-centre, Californie), Chine, Japon, Australie. Ailleurs, la prévalence serait faible ou nulle, mais les études manquent. La fréquence est proportionnelle à la densité des petits et grands mammifères sauvages.

Clinique

Stade 1. Apparition de l'erythema chronicum migrans (ci-dessus) 3 à 21 jours après l'incrustation. Centré par l'endroit de la piqûre, une rougeur annulaire migre progressivement de manière centrifuge. Elle dure généralement trois semaines. C'est le signe clinique clef, quoique non constant, de la maladie. Son identification est parfois difficile (cuir chevelu par exemple).
Peuvent s'associer, rarement, fièvre, céphalées, arthromyalgies.
Stade 2. Dissémination lymphatico-sanguine. Pendant quelques mois : asthénie, et, diversement associées, méningite, atteintes du système nerveux central et/ou périphérique (nerf facial avant tout), arthrite, manifestations cardiaques plus rarement.
Stade 3. Pendant quelques mois ou années : diversement associées, arthralgies chroniques, acrodermatite chronique atrophiante, parésies, encéphalopathie. Soit un tableau souvent hétéroclite, devant lequel il est impératif de retrouver une notion de piqûre et d'érythème chronique migrant survenus bien longtemps avant.

Diagnostic biologique

Test de référence : détection IgM et IgG en ELISA : mais possible latence et sensibilité / spécificité mal connue. En cas de signes neurologiques, très forte valeur prédictive en ELISA sur LCR.
L'immunofluorescence indirecte (différenciation IgM/IgG) n'a d'intérêt qu'après ELISA positif.
PCR, Western Blot : pour quelques rares cas (discordance clinique et ELISA par exemple), par quelques rares spécialistes.
Dans un certain nombre de cas, c'est la clinique qui devra primer sur la biologie.

Traitement

Antibiothérapie, d'autant plus efficace qu'elle est plus précoce. De très nombreux antibiotiques sont efficaces in vitro.
Stade 1. Amoxicilline, azithromycine ou doxycycline pendant 3 semaines. A ce stade, l’indication thérapeutique repose essentiellement sur la notion d’érythème.
Stades 2 et 3. A priori céphalosporine de 3ème génération, prescrite par un spécialiste.
Formes chroniques. Antibiothérapie prolongée (?), prescrite par un spécialiste (cette formulation cache en fait le caractère incomplet de notre connaissance de la physiopathologie de la maladie...).

Prévention

En zone de transmission, éviter de sortir des sentiers forestiers, surtout en été et automne ; éviter buissons et hautes herbes.
Porter des vêtements recouvrant le maximum de surface corporelle, chaussettes couvrant le bas de pantalon, chapeau. La couleur des vêtements est discutée : les couleurs claires semblent attirer les tiques, mais la visualisation des tiques y en est plus facile.
L'imprégnation des vêtements par des pyréthrinoïdes, les répulsifs cutanés à base de DEET 30-50% ont probablement une certaine efficacité.
Inspection cutanée complète systématique au retour d'un séjour forestier.

Extraire une tique :

  • l'aspersion d'éther est très répandue : mais elle fragilise la tique : le rostre voire le capitulum peuvent être ainsi laissés, cassés, après extraction ;
  • certaines « pinces à tiques » semblent donner satisfaction à leurs utilisateurs ;
  • pour certains, la meilleure méthode est plus lente : asphyxier la tique par un corps gras (vaseline par exemple) : cherchant de l'oxygène, la tique va sortir naturellement et pourra facilement être extraite en totalité.

L'antibiothérapie préventive, après simple morsure de tique, est très discutée.
Pas de vaccin disponible.

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