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Hépatite e

Hépatite E

Hépatite non A-B-C à transmission entérique qui semble de plus en plus fréquente ou, tout au moins, qui est de plus en plus fréquemment diagnostiquée.

L'agent infectieux

Virus (VHE) à ARN monocaténaire ressemblant aux calicivirus et togavirus.
La dose infectante est inconnue.
La sensibilité aux désinfectants l'est également, présumée similaire à celle du virus de l'hépatite A.
Le virus est inactivé par chauffage à 56°C pendant 30 minutes, à 70°C pendant 4 minutes. Sa survie à l'extérieur de l'hôte est inconnue ; on sait que le virus peut survivre très longtemps (plusieurs semaines ?) dans les égouts.
Contrairement au virus de l’hépatite A, il n’est pas totalement neutralisé par le processus des stations d’épuration.

Epidémiologie

Peuvent héberger le virus : homme, primates, porcs, bovins, ovins, caprins, rongeurs, poulets ; en pratique, le réservoir responsable des épidémies est inconnu ; mais le porc semble occuper une place de plus en plus reconnue comme très importante.
La transmission est féco-orale, essentiellement par ingestion d'eau contaminée, très rarement par les aliments ; contamination inter-humaine directe possible mais rare. L'excrétion fécale du VHE semble courte ; en tout cas, il n'existe pas d'excrétion chronique.
La maladie est responsable de cas sporadiques (sans doute très fréquents) ou d'épidémies. La fréquence des cas est en grande partie inversement proportionnelle à l'hygiène du pays. Des épidémies ont été observées en Asie centrale, en Asie du Sud-Est, en Chine, en Inde, au Mexique, en Afrique du Nord et de l'Ouest et (2004) au Tchad et au Soudan. La maladie symptomatique frappe essentiellement l'adulte jeune, de 15 à 40 ans (chez les autochtones) ; le faciès épidémiologique chez le voyageur est inconnu ; de même que l'incidence.

Létalité

Elle semble varier entre 0,5 et 4,0%. Elle est liée à des formes d'hépatites fulminantes, avec nécrose hépatocytaire. Sans que l'on sache précisément pourquoi, ces formes sont beaucoup plus fréquentes chez la femme enceinte. L'hépatite E a une létalité de 20% au cours du troisième trimestre de la grossesse. Autres facteurs de risque (moindres) : sujets de plus de 40 ans, sujets porteurs d'une hépatopathie chronique (hépatite B en particulier).

Clinique

Incubation, silencieuse, de 3 à 8 semaines.
Dans une très grande proportion (quoique non quantifiée) l'infection sera totalement asymptomatique. Ailleurs, le tableau clinique est similaire à celui de l'hépatite A : fièvre, anorexie, nausées, vomissements, douleurs abdominales, hépatomégalie sensible, ictère, diversement associés.
La forme fulminante n'a aucune caractéristique particulière par rapport à celles liées à d'autres étiologies virales. Il n'existe pas de forme chronique (deux cas rapportés dans la littérature mondiale).

Diagnostic biologique

Confirmation d'une hépatite biologique (bilirubine, ALAT, ASAT etc) sans aucune spécificité.
La sérologie : IgM et IgG sont présents dès le début de la maladie clinique, détectables en ELISA : elle est donc suffisante en pratique.
La PCR est positive quelques jours avant le début de la maladie et persiste positive 100 jours après.

Traitement

Pas de traitement spécifique.
L'hospitalisation sera limitée aux patients présentant un facteur de risque (grossesse), des signes cliniques (obnubilation) ou biologiques (TP) pouvant faire craindre une évolution vers une forme fulminante.
Repos, exclusion de l'alcool, alimentation libre.
Paracétamol, AINS, aspirine formellement contre-indiqués. De manière générale, aucun voyageur consultant pour des symptômes généraux ne devrait recevoir ces médicaments qu'après avoir exclu toute possibilité d'hépatite.

Prévention chez le voyageur

Un vaccin est disponible, mais seulement en Chine où il est homologué depuis 2011: Hecolin® (Xiamen Innovax Biotech Co). « Les voyageurs, les agents de santé et les travailleurs humanitaires déployés ou en transit dans des zones touchées par une flambée d’hépatite E sont exposés à un risque élevé d’infection par le virus de l’hépatite E. Dans de telles situations, il convient de faire une évaluation individuelle des risques et des avantages du vaccin pour la personne concernée et d’envisager sa vaccination » (OMS).

Les mesures personnelles de protection sont à appliquer avec soin. Exclure toute boisson non sécurisée. Ne consommer que des boissons industrielles contrôlées ou sécuriser soi-même l'eau : ébullition, filtration microbienne (type LifeStraw® ou Katadyn®), désinfection chimique (type Micropur®DCCNa).
Lavage des mains et autres précautions universelles pour la manipulation et la consommation des aliments.

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