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Brucellose

Brucellose

Brucellose

 

C'est le médecin anglais David Bruce qui isola pour la première fois, en 1887, la bactérie de la rate de soldats britanniques décédés de la fièvre de Malte, ou mélitococcie. Il s'agit d'un cocco-bacille à Gram négatif, non capsulé, immobile et non sporulé. La brucellose est une maladie à déclaration obligatoire en France.

Epidémiologie

Autrefois la brucellose était une maladie très redoutée des ruraux et des vétérinaires français. Les progrès de la santé animale ont rendu cette maladie autochtone quasi virtuelle : elle a disparu du cheptel et n'infecte plus que de rares lièvres et sangliers. Elle est ainsi devenue une maladie des voyages, voyages effectués dans des pays qui n'ont pas bénéficié de cette amélioration de la santé animale (voir carte ci-dessus). En effet les cas français sont pour 80-90% importés (le reste étant principalement représenté par les personnels de laboratoire). Ils sont liés à :

  • consommation de lait et produits laitiers crus (60%)
  • contacts animaux non professionnels (35%)
  • contacts animaux professionnels (5%).

Maghreb, Turquie, Portugal et Espagne représentent près des trois quarts des lieux de contamination ; Mexique + Proche Orient : 10%.

Certes globalement peu fréquente en France, elle est néanmoins sous-diagnostiquée, sans doute en raison de son polymorphisme clinique : ce qui justifie donc une vigilance particulière de façon à ce que la maladie rare ne finisse pas par devenir une maladie inconnue. L'OMS estime à 500.000 le nombre de nouveaux cas annuels dans le monde.

Elle est transmise à l'homme par les ovins et caprins (Brucella melitensis, de répartition mondiale), les bovidés (B. abortus, en Afrique et en Amérique du Sud), les porcins (B. suis, en Amérique du Nord et en Europe centrale), les chiens (B. canis, rare mais de répartition large dans les pays en développement) et les camélidés en Afrique et au Moyen Orient.
La contamination humaine est cutanée (favorisée par les excoriations), muqueuse plus rarement (inhalation d'aérosols d'étables par exemple), et surtout digestive en ce qui concerne les voyageurs : lait cru ou peu cuit et dérivés. Transmission inter-humaine rarissime.
Brucella peut survivre plusieurs mois dans le milieu extérieur naturel (lait, fromages, fèces, sol, eau, mur des étables...).

Clinique

Grand polymorphisme ("maladie au cent visages")
Incubation : 1 à 3 semaines.
Phase septicémique : fièvre ondulante sudoro-algique, typiquement avec arthromyalgies erratiques,
hépatomégalie et/ou splénomégalie, adénopathies, et parfois déjà des atteintes articulaires ou neurologiques.
Phase secondaire : après 6 mois, peuvent apparaître des atteintes :

  • ostéo-articulaires : spondylodiscite, sacro-iléite, arthrite du genou et autres grosses articulations
  • neurologiques : méningite (à liquide clair), méningo-encéphalite, arachnoïdite
  • hépatiques, en rapport avec une granulomatose
  • cardiaques, la plus grave étant l'endocardite ; anévrismes
  • génitales : orchi-épididymite, salpingite

Phase tertiaire (brucellose chronique) : asthénie et/ou polyalgies, éventuellement associées à des symptomatologies focales.

Diagnostic bactériologique

Le diagnostic de certitude repose sur l'isolement (hémocultures, foyers) : cultures spéciales, la bactérie poussant pauvrement et lentement : prévenir le bactériologiste.
L'hémagglutination (Rose Bengale), rapide, peut être utilisée en dépistage.
La séro-agglutination de Wright est peu spécifique : 25% de faux négatifs et autant de faux positifs malgré deux tests. Il est trop souvent malencontreusement prescrit seul dans le cadre d'examens "de débrouillage". L'intra-dermo réaction à la mélitine n'est plus pratiquée faute d'allergène.

Traitement

Brucella est sensible in vitro à de très nombreux antibiotiques ; mais la bactérie est un parasite intra-cellulaire facultatif du système réticulo-histiocytaire, ce qui impose l'utilisation d'antibiotiques à pénétration intra-cellulaire.
Phase aiguë : fluoroquinolone (400mg/j) + rifampicine (600mg/j) ou schéma OMS : doxycyline (200mg/j) + rifampicine (600mg/j) : 45 jours.
Brucellose avec foyer(s) : idem, pendant 3 à 4 mois.
Brucellose chronique : antibiothérapie inutile ; traitement symptomatique.

Prévention chez le voyageur

Pas de lait et produits laitiers non pasteurisés.
Eviter tous contacts animaux. Ne pas séjourner (et encore moins dormir) dans des étables dans les pays de forte endémicité.
Contacts animaux obligatoires (professionnels) : port de gants, masque FFP2, lunettes de protection.

Tous droits réservés pour tous pays.