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Bilharziose (ou schistosomiase) urinaire

La bilharziose (ou schistosomiase) urinaire, provoquée par le parasite Schistosoma haematobium (plathelminthe, classe des trématodes), longtemps appelée "hématurie d'Egypte", est extrêmement fréquente dans les zones infestées et menace le voyageur imprudent.

Le cycle

  • Les vers adultes logent accouplés dans les veinules porte ; la femelle fécondée, le couple se déplace à contre-courant veineux vers le lieu de ponte : plexus veino-capillaire vésical principalement
  • Les oeufs franchissent la paroi et tombent dans la lumière vésicale.
  • Une larve nageuse (miracidium) est émise avec les urines et parasite un bulin (petit escargot d'un cm).
  • Du bulin sortent des furcocercaires (10.000 pour 1 miracidium), mobiles dans l'eau, et d'autant plus que le soleil brille.
  • La tête du furcocercaire pénètre activement, en quelques minutes, la peau de l'homme ; le schistosomule passe dans la circulation générale et s'arrête dans les vaisseaux hépatiques.
  • Maturation en mâle ou femelle, fécondation ; durée de vie des adultes : 10 ans.

Répartition et transmission

  • Présente dans 53 pays d'Afrique, de l'est méditerranéen et de la péninsule arabique. Il y aurait 100 millions de personnes infestées.
  • L'homme se contamine par contact cutané avec une eau infestée par les furcocercaires, et d'autant plus que l'ensoleillement est élevé, l'eau stagnante et le contact prolongé.

Clinique

  • Infestation : parfois discrète lésion inflammatoire prurigineuse.
  • Pendant la migration à l'intérieur de l'organisme (environ 5 semaines) peuvent exister des signes allergiques généraux et une éosinophilie.
  • Phase d'état (ponte) : quelques mois après l'infestation peuvent apparaître des signes urinaires de tout type : au premier rang l'hématurie, typiquement terminale, capricieuse.
  • Après plusieurs années peuvent survenir des complications qui sont principalement vésicales (surinfections, granulomes, calcifications, voire cancer), urétérales avec risque d'atteinte rénale, génitales.

Diagnostic

  • Phase de migration. Souvent, diagnostic d'une éosinophilie au retour d'une zone d'endémie, avec notion d'exposition à de l'eau contaminée. Le diagnostic est rarement fait à ce stade car il n'y a pas encore d'oeufs dans les urines, et la sérologie est peu sensible et peu spécifique.
  • Phase d'état. L'éosinophilie s'étiole avec le temps. Le diagnostic repose en pratique sur l'examen parasitologique des urines, éventuellement réitéré. En cas de négativité, biopsie de muqueuse rectale, éventuellement sérologie (avec ses limites). A un stade tardif, il n'y a plus de ponte : sérologie, calcifications vésicales pathognomoniques, UIV, échographie, cystoscopie/histologie.

Traitement curatif

  • Repose dans les pays industrialisés sur le praziquantel (Biltricide®), 40mg/kg en une prise, une seule fois : efficacité quasi absolue. Ce médicament n'est délivré en France que par une pharmacie hospitalière.

Prévention individuelle

  • Eviter contacts cutanés (et bien sûr les bains) en eau douce stagnante dans les pays infestés. Les bains au milieu d'un fleuve ou d'une rivière ne posent pas de problème si l'on ne revient pas à terre par les berges (plongée à partir d'un bateau, d'une jetée...).
  • En cas de contact accidentel, s'essuyer avec une serviette le plus vite, le plus vigoureusement et le plus complètement possible.

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